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Ma mère me disait

“Si mes cheveux sont blancs
Si, sur mon front, tu vois marqué le temps
Tu m’as donné ces rides, mon enfant”

Ma mère me disait “Mes yeux se font plus gris
À chaque nuit où je n’ai pas dormi
J’ai tant veillé quand tu étais petit”

J’ai vu ce matin en m’éveillant
Mon premier cheveu blanc

Ma mère me disait “Tu crois cueillir la fleur
D’éternité, mais dans ta main, elle meurt
Et tant de choses sont mortes dans mon cœur”

Ma mère me disait “Te restera l’amour
Il faut donner, sans attendre en retour
Tout ton amour, tu l’apprendras un jour”

J’ai vu ce matin en m’éveillant
Mon premier cheveu blanc

Auteurs-compositeurs : Eric Charden, Michel Delancray, Mya Micheline Helye

J’avais autour de quinze ans quand j’ai entendu pour la première fois cette chanson interprétée par Gilles Dreu. Ces paroles ont raisonné en moi comme si j’avais la certitude au plus profond de mon être que je serais mère un jour. C’était viscéral. Ça venait de mes tripes !  

Le temps a passé tellement vite ! La louve a laissé partir ses petits. J’écoute encore souvent cette chanson et je suis toujours autant émue par les paroles, par le rire et la voix chaude et profonde de Gilles Dreu.

Cette magnifique chanson est un pont entre mon adolescence et l’automne de ma vie.

Un à un

Vos corps ont glissé du mien

Allant vers la vie

Laissant mon ventre vide

Emplissant mon cœur d’amour

Je garde en souvenir

L’odeur de l’animal qui met bas

Mon corps porte encore

Les traces de vos nids

Bâtis d’amour

De tendresse infinie

À tour de rôle

Vous partez

Je ne peux qu’ouvrir les bras

Laisser l’oiseau s’envoler