J’ai dévoré ce livre en une soirée.
Pour deux raisons.
La première étant que cette femme, Priscille Deborah, a tenté de se suicider dans le métro à Paris.
La deuxième étant que je me suis beaucoup retrouvée dans la quête artistique de cette femme.
Priscille Deborah est sortie vivante de sa tentative de suicide. Avec ses deux jambes et son bras droit amputés.
Je ne peux faire autrement que de penser à ma sœur qui elle ne s’est pas manquée et s’est suicidée dans le métro de Montréal.
C’est la raison pour laquelle, après l’avoir vu cette femme dans une émission de télé française, j’ai décidé de lire son livre.
Je me suis demandé tellement souvent ce qui aurait pu raccrocher ma sœur à la vie.
Je voulais savoir comment cette femme y était arrivée.
Je ne sais pas si de survivre amputée de la sorte aurait calé ma sœur encore plus profondément dans sa détresse psychologique ou si elle serait rebondie comme Priscille Deborah.
Le fait est que cette femme avait une grande passion : la peinture.
Une passion qu’elle a mise de côté pendant plusieurs années de sa vie pour répondre aux attentes de ses parents, son père surtout, ses professeurs, de la société qui renvoie l’idée que l’on ne peut pas vivre de sa créativité parce que ce n’est pas sérieux comme métier.
Il lui aura fallu perdre trois membres pour se consacrer enfin à sa passion. Pour renaître et s’arrimer à son essence intérieure.
C’est là où je me reconnais. J’ai eu le même discours intérieur face à ma passion créative pendant des années. Je ne pouvais pas me laisser aller à créer comme j’aurais aimé le faire. Il me fallait payer le loyer, les factures d’électricité, l’épicerie.
Je me suis imposée une obligation de travailler et donner mon temps à des employeurs jusqu’à ce que je puisse prendre ma retraite et enfin laisser libre cours à mon côté artistique.
J’ai rongé mon os plus souvent qu’autrement. J’ai vécu beaucoup de frustration, mais aujourd’hui, je reprends le temps perdu. Je ne veux pas vivre de regrets. Alors, je prends des cours, j’expérimente, j’écris, je donne des ateliers de créativité, je tricote. Je dévore en boulimique cette période de ma vie que je veux belle et emplie d’étincelles créatives.
