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La Loba

Ce conte de La Loba dit qu’une vieille femme vit dans un endroit caché et que son unique tâche consiste à ramasser des os. Sa caverne est pleine d’os de toutes sortes appartenant aux créatures du désert : cerfs, serpents à sonnettes, corbeaux. Mais on la dit spécialiste des loups.

Elle arpente les montagnes, le lit asséché des rivières et les passe au crible à la recherche d’os de loups. Lorsqu’elle est parvenue à reconstituer un squelette dans sa totalité, elle s’assoit auprès du feu et réfléchit au chant qu’elle va chanter.

Quand elle a trouvé, elle se lève et, les mains tendues au-dessus de la créature, elle chante. C’est alors que la cage thoracique et les os des pattes du loup se recouvrent de chair et que sa fourrure pousse. La Loba chante encore et la bête s’incarne un peu plus; sa queue puissante et recourbée se dresse.

La Loba chante encore et la créature se met à respirer.

La Loba chante toujours, un chant si profond que le sol du désert tremble et pendant qu’elle chante, la bête ouvre les yeux, bondit sur ses pattes et détale dans le canyon.

Quelque part durant sa course, soit du fait de sa vitesse, soit parce qu’elle traverse une rivière à la nage, qu’un rayon de lune ou de soleil vient se poser sur elle, elle se transforme soudain en une femme qui court avec de grands éclats de rire vers l’horizon, libre.

On peut considérer que le travail de La Loba représente un conte, un miracle. Il nous montre ce qui est bon pour l’âme. Il nous montre que nous pouvons aller directement à la recherche de l’âme. C’est un conte de la résurrection qui parle du lien souterrain avec la Femme Sauvage. Il nous promet que par le chant, nous allons pouvoir évoquer les restes psychiques d’âme sauvage et lui redonner forme vivante.

Cette ancienne, la Vieille Qui Sait, nous la portons en nous. Elle s’épanouit au plus profond de l’âme-psyché des femmes.

  • Clarissa Pinkola Estés, extrait du livre Femmes qui courent avec les loups

J’ai vécu des passages difficiles dans ma vie où La Loba a été à l’œuvre. Elle a ramassé les vieux os morts de ma psyché pour en faire un amas et chanter au-dessus. Elle a réussi à réinsuffler de la vie dans mon âme quand une partie de celle-ci était morte.

Dans le noir de la nuit

J’entends la bête hurler

Je la croyais guérie

Pourtant, ses cris

De nouveau m’ont éveillée

Des mains d’enfants

Chaudes de tendresse

Bercent la bête

L’apaise doucement

Lentement, elle s’abandonne

Rejoint son ami le temps

Reviendra-t-elle

Guérira-t-elle

De souffrance, de chagrin

Parfois une bête s’éteint

La bête s’est éteinte, mais La Loba, la vieille femme sauvage en moi, lui a redonné la vie. Une vie plus libre. Une vie connectée à mon âme.