Rêve d’alchimie

Je me suis couchée tard.

L’anxiété dans le tapis.

Le cœur qui cogne contre le matelas.

Pas moyen de dormir.

Je n’arrive pas à apaiser les pensées qui tournent en boucles dans ma tête.

Accueillir mon anxiété, de ne pas la repousser.

Je me suis relevée et j’ai ressenti le besoin de créer quelque chose.

J’ai retrouvé ma page de journal d’artiste commencée depuis quelques jours.

J’ai pris de l’acrylique.

De l’encre.

De l’eau.

Un pinceau.

Je me suis laissé porter pas les gestes, mes doigts qui touchaient le papier, étalaient les couleurs.

J’ai déposé quelques mots.

Ça m’a apaisé.

Je suis retournée me coucher.

J’ai rêvé que j’étais dans une œuvre de peinture.

Avec mes doigts, je touchais et suivais les ondulations de la peinture.

Je touchais les crêtes de l’acrylique encore liquide, les étalais sur la toile.

Je me dissolvais en elles, me liquéfiait.

Tout pour être heureuse

J’ai dévoré ce livre en une soirée.

Pour deux raisons.

La première étant que cette femme, Priscille  Deborah, a tenté de se suicider dans le métro à Paris.

La deuxième étant que je me suis beaucoup retrouvée dans la quête artistique de cette femme.

Priscille Deborah est sortie vivante de sa tentative de suicide.  Avec ses deux jambes et son bras droit amputés.

Je ne peux faire autrement que de penser à ma sœur qui elle ne s’est pas manquée et s’est suicidée dans le métro de Montréal.

C’est la raison pour laquelle, après l’avoir vu cette femme dans une émission de télé française, j’ai décidé de lire son livre.

Je me suis demandé tellement souvent ce qui aurait pu raccrocher ma sœur à la vie.

Je voulais savoir comment cette femme y était arrivée.

Je ne sais pas si de survivre amputée de la sorte aurait calé ma sœur encore plus profondément dans sa détresse psychologique ou si elle serait rebondie comme Priscille Deborah.

Le fait est que cette femme avait une grande passion : la peinture.

Une passion qu’elle a mise de côté pendant plusieurs années de sa vie pour répondre aux attentes de ses parents, son père surtout, ses professeurs, de la société qui renvoie l’idée que l’on ne peut pas vivre de sa créativité parce que ce n’est pas sérieux comme métier.

Il lui aura fallu perdre trois membres pour se consacrer enfin à sa passion. Pour renaître et s’arrimer à son essence intérieure.

C’est là où je me reconnais. J’ai eu le même discours intérieur face à ma passion créative pendant des années. Je ne pouvais pas me laisser aller à créer comme j’aurais aimé le faire. Il me fallait payer le loyer, les factures d’électricité, l’épicerie.

Je me suis imposée une obligation de travailler et donner mon temps à des employeurs jusqu’à ce que je puisse prendre ma retraite et enfin laisser libre cours à mon côté artistique.

J’ai rongé mon os plus souvent qu’autrement. J’ai vécu beaucoup de frustration, mais aujourd’hui, je reprends le temps perdu. Je ne veux pas vivre de regrets. Alors, je prends des cours, j’expérimente, j’écris, je donne des ateliers de créativité, je tricote. Je dévore en boulimique cette période de ma vie que je veux belle et emplie d’étincelles créatives.

La femme sauvage

Chaque femme a en elle la femme sauvage.

Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché.

La femme qui récupère sa nature sauvage, est comme les loups.

Elle court, danse, hurle avec eux. 

Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie.

Il n’en tient qu’à nous d’être cette femme-là.

  • Clarissa Pinkola Estés

Le guépard me dit

La vipère est là sur mon chemin

Elle se dresse devant moi

Ses yeux jaunes sont fuyants, enragés

Elle ne supporte pas ma présence

Elle se gonfle pour m’intimider

Me faire fuir

Le guépard me dit :

N’aie pas peur

Monte sur mon dos

Je te protègerai

Je te défendrai

Pouvoir revenir

Au doux temps de l’enfance et te prendre dans mes bras.

Quand un câlin avait le pouvoir de t’apaiser et mettre un sourire sur ton visage d’enfant.

Sentir la chaleur de ton corps d’enfant s’abandonner avec confiance.

Ces moments étaient précieux et nous n’en n’avions pas conscience.

L’artiste en soi

Mon petit fils Rémi complètement absorbé par le processus de création.
Nous portons tous en nous l’enfant créatif et imaginatif que nous avons été. Laissons-le s’exprimer par les arts visuels, le bricolage, le collage, la danse, le chant, la musique, la réalisation d’un nouveau met, le jardinage, etc.
Notre vie n’en sera que plus équilibrée.

Perles de bonheur

Mes petits-fils à l’œuvre dans mon atelier.

Léon parle, dessine, parle, fait du brusho, parle et parle encore !

Rémi exprime sa fougue artistique tel un Picasso, un Dali ou un Riopelle !

 

On met très longtemps à devenir jeune

– Pablo Picasso