Je me suis couchée tard.
L’anxiété dans le tapis.
Le cœur qui cogne contre le matelas.
Pas moyen de dormir.
Je n’arrive pas à apaiser les pensées qui tournent en boucles dans ma tête.
Accueillir mon anxiété, de ne pas la repousser.
Je me suis relevée et j’ai ressenti le besoin de créer quelque chose.
J’ai retrouvé ma page de journal d’artiste commencée depuis quelques jours.
J’ai pris de l’acrylique.
De l’encre.
De l’eau.
Un pinceau.
Je me suis laissé porter pas les gestes, mes doigts qui touchaient le papier, étalaient les couleurs.
J’ai déposé quelques mots.
Ça m’a apaisé.
Je suis retournée me coucher.
J’ai rêvé que j’étais dans une œuvre de peinture.
Avec mes doigts, je touchais et suivais les ondulations de la peinture.
Je touchais les crêtes de l’acrylique encore liquide, les étalais sur la toile.
Je me dissolvais en elles, me liquéfiait.
