On entend souvent cette expression : être la meilleure version de soi-même.
À chaque fois, je me demande quelle serait la meilleure version de moi-même ?
- Être plus attentive aux autres êtres humains ?
- Ne pas porter de jugement sur les autres ?
- Être plus tolérante ?
- Rester zen même quand la vie me secoue comme un vieux prunier ?
- Ne pas me laisser envahir par mes émotions et mes pensées dérangeantes ?
- Être toujours positive quelque soit les difficultés sur mon chemin ?
- Croire que l’humain est fondamentalement bon et agir avec tous et chacun en partant de ce principe ?
- Toujours voir le bon côté des gens qui me font du mal et de la peine en me disant que ces expériences sont sur mon chemin pour me permettre de grandir et devenir un meilleur être humain ?
- Pardonner ?
Je pense que tout ce que je viens de mentionner a du bon sens. Oui tout cela peut me faire avancer vers une meilleure version de moi-même.
Puis me vient la question suivante : qu’en est-il de la moins bonne version de moi-même ?
Qu’est-ce que je fais de cette partie de moi qui semble vouloir me tirer vers le bas dans certaines (parfois plusieurs) occasions ? Parce qu’il y a aussi le pire de mon moi-même qui co-existe en moi. Si je refoule ou nie cette partie de moi en voulant tellement être la meilleure version de moi-même, que va-t-il arriver ? Est-ce que je vais me juger de ne pas être capable de dépasser mes faiblesses à chaque occasion qui se présente ? Et des occasions, mettons qu’il y en a en masse ! C’est pas ça qui manque !
Quand devenir une meilleure version de moi-même devient-elle une exigence ? Une contrainte ? Un idéal absolu à atteindre ?
Je pensais à tout cela ce matin assise près de ma grande fenêtre, en me réjouissant de la belle journée ensoleillée de septembre qui commençait.
Ma réflexion m’amène à penser que de travailler à devenir la meilleure version de moi-même n’est pas un but en soi. Ce n’est pas ainsi que je veux regarder ma vie dans son ensemble.
Ce que je ressens au plus profond de moi, tout ce que j’ai vraiment à faire c’est de m’accueillir avec mes doutes, mes bêtises humaines, mes travers, mes faiblesses, mes laideurs, mes exagérations, mes contradictions et tout ce que je n’aime pas de moi. Ne pas essayer de nier ou étouffer ce que j’aimerais mieux ne pas être.
À cette pensée la pression se relâche en moi. Je n’ai pas à devenir la meilleure version de moi-même. Elle existe déjà en moi. Elle se manifeste quand je m’accueille avec amour dans toute mon expérience humaine, dans mes travers comme mes grandeurs. Je suis un être humain qui aspire à faire de son mieux. C’est déjà pas mal comme plan de vie !