Je suis née fatiguée
Le corps mal ancré
La tête dans les nuages
La bonne fée ne s’est pas penchée au-dessus de mon berceau à ma naissance pour me gratifier d’une énergie physique débordante. Elle devait être occupée ailleurs sans doute !
Anémie sévère à neuf ans
Mononucléose sévère à dix-neuf ans
Trouble du comportement alimentaire qui a commencé vers quinze-seize ans.
Mange ! Mange pas ! Jeu du yoyo qui a duré jusqu’à mes soixante ans et qui a fini par bousiller mon métabolisme.
J’ai la batterie qui tombe à plat rapidement. Elle s’est même retrouvée dans le rouge à quelques occasions au cours des années.
Cette énergie faillible m’a souvent et beaucoup frustré et exaspéré.
J’imaginais une fois à la retraite que je vivrais moins de périodes de montagnes russes et que mon énergie physique serait moins en dents de scie.
Eh ! ben non ! Ça monte, ça descend cette affaire-là ! Des jours je pète le feu ! Le lendemain j’ai l’air d’un pétard mouillé !
Lentement j’accepte la fluctuation de ma vitalité physique. Mon corps vieillit. Je réalise petit à petit que ma fatigue est finalement mon amie. Une amie qui me garde à l’abri des excès, des débordements émotifs, des évènements qui me stressent. Elle me dit de ralentir, de lever le pied, de m’assoir et respirer. De regarder passer la vie maintenant que j’ai le temps. De vivre la retraite que je vis et non la retraite que je voulais vivre !