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Camée

Je suis sortie chercher ma poste ce matin. En revenant, j’ai ouvert la porte et j’ai eu le réflexe de regarder dans l’entrée en me disant que Camée était pour m’accueillir en miaulant. Je sais que je vais garder ce réflexe pendant longtemps. Parce que même si elle n’est plus là physiquement, sa présence se fait toujours sentir et se fera sentir aussi longtemps que je vivrai dans cet appartement.

Camée a partagé ma vie durant onze ans. Je l’ai adopté à l’âge de sept ans. Je ne pensais jamais qu’elle vivrait aussi vieille quand je suis allée la chercher chez l’éleveuse Isabelle Bellavance, de la chatterie Kebekat.

Après avoir vu un chat de race Ragdoll à l’émission Bêtes pas bêtes au début des années 90, je me suis promis que si un jour, j’adoptais un chat, ce serait un Ragdoll.

Mon souhait s’est réalisé plusieurs années plus tard.

J’aurais aimé adopter un chaton, mais je n’en avais pas les moyens. J’ai plutôt adopté une petite femelle nouvellement retraitée et stérilisée suite à son rôle de maman qui venait de se terminer. Le montant répondait à mon budget et l’éleveuse pouvait témoigner du tempérament de sa petite protégée qui avait, disait-elle, son petit caractère et était très sociable. Ce qui s’est révélé vrai à cent pour cent.

J’ai aimé regarder vivre et partager la vie de cette petite minette. Elle adorait jouer et courir comme une folle à travers l’appartement. Elle me suivait partout comme un chat chien !

Jusqu’à l’âge de quinze ans où elle est tombée aveugle. Fini les jeux. J’ai eu beaucoup de peine pour elle jusqu’à ce que finalement, je m’aperçoive qu’elle n’était pas malheureuse du tout et qu’elle s’accommodait très bien de son état. Elle continuait de vivre sa vie et elle était bien. Elle continuait de me suivre partout et de miauler pour savoir où j’étais.

Son état de santé a décliné d’un coup pendant les six derniers mois de sa vie. Je savais que c’était une question de temps avant que Camée s’en aille au paradis des chats. Je m’y suis préparée. Et j’ai profité de sa présence au maximum.

Malgré tout, j’ai vécu une peine immense le jour où j’ai dû prendre la décision de l’aider à partir. Elle ne mangeait plus depuis une semaine. Elle marchait avec difficulté, tombait d’un côté puis de l’autre. Elle venait se coucher à mes pieds et dormait tout le temps.

Je l’ai pris dans mes bras toute la journée et le soir, je me suis rendue chez le vétérinaire. J’ai pu garder Camée dans mes bras pendant une heure après qu’elle a reçu la première injection calmante. Quand j’ai été prête, la vétérinaire est venue faire l’euthanasie. J’ai encore gardé Camée dans mes bras pendant une heure. J’ai pleuré ! Bon dieu que j’ai pleuré !

J’ai trouvé très difficile de prendre la décision d’arrêter la vie d’un être vivant. Les techniciennes Carolina et Jacinthe m’ont entouré de tout leur soutien et m’ont rassuré à savoir que j’avais pris la bonne décision. Avoir attendu aurait été pire pour Camée. Elles m’ont bien fait rire en me disant que Camée a eu une très belle vie de princesse avec sa propre chambre et son fauteuil !

Oui, c’est vrai que Camée a été très aimée et gâtée et j’en suis contente aujourd’hui. Elle est partie au bout de sa longue et belle vie de chat.