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Chez mon amie Barbara

Verglas toute la journée du cinq avril. Dernier soubresaut de l’hiver.

Mon départ est devancé d’une journée.

La panne d’électricité pendant presque vingt-quatre heures.

Mon début de gardiennage de la maison, de la chienne malamute Bella, de Betsy, la vieille minette de dix-neuf ans, commence raide.

Je passe la première journée confinée dans la pièce où il y a un foyer. Au moins je suis au chaud dans cette pièce. Le reste de la maison est un vrai frigidaire.

Je rêve d’un bon bain chaud. J’ai toujours envie de prendre un bain chaud lorsque j’ai froid.

L’électricité revient un peu moins de vingt-quatre heures plus tard.

Fiou ! Pas besoin de vider le frigo !

Je me délecte à l’idée de prendre ce bon bain chaud dans ce magnifique bain autoportant !

Le soir, je fais couler l’eau chaude, ajoute du bain moussant. J’allume une bougie.

Là s’arrête la magie !!!

Aussitôt que j’essaie de m’allonger dans cette “magnifique” baignoire, voilas-tu pas que je me mets à glisser comme un poisson que l’on essaie d’attraper avec ses mains !

Pas moyen de m’allonger, je glisse aussitôt dans l’eau ! Si je ne me retenais pas aux rebords, j’enfilerais la tête sous l’eau.

Après plusieurs essais infructueux, tant qu’à rester assise, je décide de sortir de ce foutu bain !

Pas moyen ! Je glisse au point où je suis incapable de me lever. Une vraie patinoire !

Je suis au désespoir ! Je me dis que je suis prise là pour la semaine comme une baleine prise à l’embouchure du fleuve St-Laurent !

Heureusement, mon amie a eu la brillante idée de mettre un tabouret de bois contre la baignoire, sinon je serais encore là !

Après bien des péripéties, je réussis à m’extirper de cette fâcheuse position. Pas besoin de préciser que je n’ai pas renouvelé l’expérience.

Vive la douche !!! Beaucoup plus simple ! Quoique ! Avec tous les bidules pour ouvrir les jets d’eau, j’ai bien mis cinq minutes avant de savoir comment elle fonctionnait.

Il s’en est passé des drôles de choses pendant mon séjour chez mon amie.

J’ai bien mis deux jours avant de comprendre d’où venait la voix féminine que j’entendais dehors chaque fois que je sortais prendre des bûches de bois. Trop dans ma bulle avec cette panne d’électricité, j’entendais cette voix, mais ne portais pas attention à ce qu’elle disait. Je me disais qu’une voisine était dehors en train de ramasser, elle aussi, du bois pour chauffer ou des branches d’arbre tombées. Je trouvais quand même ça curieux d’entendre toujours cette dame chaque fois que je sortais dehors.

Deux jours plus tard, j’ouvre la porte d’entrée et j’entends de nouveau cette voix de femme qui dit : ” porte ouverte” !

Ben là, j’avoue que je me suis trouvée un brin innocente ! À ma défense, je dois dire que les portes chez moi ne parlent pas !!!

Il y a eu aussi l’évènement de mon tricot qui se promenait tout seul du salon à la salle à dîner. En suivant le fil, j’ai réalisé que la chère Bella se sauvait avec ma balle de laine dans sa gueule, le tricot et l’aiguille circulaire suivant par terre derrière. Après quelques tours autour de la table, j’ai réussi à récupérer mon tricot sain et sauf ! Traîner un traîneau ou un tricot, une malamute reste une malamute ! Je ne pourrai jamais porter ce foulard plus tard sans sourire et me rappeler ce souvenir cocasse !

Je suis de retour chez moi le cœur plein de beaux souvenirs de Bella et Betsy.

Je suis de retour chez moi où les portes ne parlent pas, où le bain est ordinaire, mais tellement confortable !